Pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La région des Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion coïncide avec la zone centrale du Parc national de La Réunion. Le bien couvre plus de 100 000 ha, soit 40% de La Réunion, une île composée de deux volcans massifs adjacents et situés dans le sud ouest de l’océan Inde. Dominé par deux pics volcaniques imposants, des murailles massives et trois cirques bordés de falaises, le bien présente une grande diversité de terrains accidentés et d’escarpements impressionnants, de gorges et de bassins boisés qui, ensemble, créent un paysage spectaculaire. Il comprend les habitats naturels avec leurs assemblages d’espèces les plus précieux de l’archipel des Mascareignes. Il protège des secteurs-clés d’un centre mondial reconnu de diversité des plantes et présente un taux d’endémisme remarquablement élevé pour de nombreux taxons. En conséquence, les Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion apportent la contribution la plus significative et la plus importante à la conservation de la biodiversité terrestre de l’archipel des Mascareignes.

Critère (vii) : L’association du volcanisme, des glissements de terrain d’origine tectonique, et de l’érosion par les fortes pluies et les cours d’eau a donné un paysage accidenté et spectaculaire d’une beauté saisissante, dominié par deux volcans, le Piton des Neiges qui est endormi et le Piton de la Fournaise qui est extrêmement actif. Parmi les autres caractéristiques principales du paysage, il y a les « remparts » – des murailles rocheuses escarpées d’âge et de nature géologiques variables et les « cirques » que l’on peut décrire comme des amphithéâtres naturels massifs dont la hauteur et la verticalité sont vertigineuses. On trouve, dans le bien, des gorges profondes, partiellement boisées et des escarpements, avec des forêts ombrophiles subtropicales, des forêts de brouillard et des landes, le tout formant une mosaïque d’écosystèmes et de caractéristiques paysagères remarquables et très esthétiques.

Critère (x) : Le bien est un centre mondial de diversité des plantes avec un degré d’endémisme élevé. Le contenu des derniers habitats naturels les plus importants pour la conservation de la biodiversité terrestre des Mascareignes, et comprend une gamme de types forestiers rares. Compte tenu des impacts importants et partiellement irréversibles de l’homme sur l’environnement dans l’archipel des Mascareignes, le bien est le dernier refuge pour la survie d’un grand nombre d’espèces endémiques, menacées et en danger.

intégrité

À partir d’efforts antérieurs de conservation de la nature et des forêts, le Parc national de la Réunion a été établi en 2007. Ce statut offre un cadre juridique adéquat pour garantir la protection du bien dont les limites coïncident avec celles du Parc national. Dans les limites du bien, on trouve les caractéristiques exceptionnelles du paysage naturel ainsi que presque tous les derniers écosystèmes naturels et quasi naturels de La Réunion et, en conséquence, ses valeurs-clés pour la biodiversité.

L’intégrité est menacée par plusieurs faits. Malgré les efforts de gestion permanentes, les espèces exotiques envahissantes constituent un défi constant pour la gestion et une menace très réelle pour les valeurs du bien en matière de biodiversité. La perte avérée de nombreuses espèces indigènes de La Réunion et d’autres îles de l’archipel des Mascareignes au fil du temps illustre la gravité de cette menace.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien bénéficiaire d’une protection juridique effective grâce à son classement dans le Parc national. Pour Veiller à la valeur universelle exceptionnelle du bien, il faudra une application efficace et adaptative du plan de gestion en évolution pour le Parc national de La Réunion ainsi que des ressources financières et en personnel suffisantes et à long terme. La gestion du Parc National repose sur des concertations exhaustives avec l’Etat et la société civile et bénéficie des structures scientifiques, de la recherche, socio-économiques et culturelles. Des consultations efficaces et utiles avec tous les concernés, y compris les communautés qui vivent dans les zones tampons et les zones environnantes, sont indispensables.

Des mesures s’imposent également pour répondre à plusieurs menaces spécifiques et pour garantir le maintien et le renforcement de la valeur universelle exceptionnelle. Une surveillance continue et l’application d’une stratégie complète pour contrôler et éradiquer les espèces exotiques envahissantes sont indispensables et devront être accordées à long terme et de manière à interrompre ainsi qu’avec un financement continu important. Certes, le terrain accidenté assure un certain degré de protection naturelle contre l’empiétement, mais les activités économiques anthropoques telles que l’agriculture, la sylviculture, la production d’énergie et le tourisme doivent être gérées tant à l’intérieur du bien que dans sa zone tampon de manière à ne pas nuire à l’intégrité du bien.

L’élaboration et l’application efficace d’une stratégie de développement touristique exhaustive tenant compte de la demande élevée sont également nécessaires. Il y a un équilibre délicat à trouver entre les effets économiques et pédagogiques positifs et les effets destructeurs d’un nombre excessif de touristes et d’activités inappropriées, de sorte que les stratégies pour le tourisme devront nettement donner la priorité à la protection des valeurs du bien, sans négliger les objectifs économiques.